Nouveau Cap

Démissionner pour se reconvertir : quels droits au chômage ?

Démissionner pour se reconvertir ou signer une rupture conventionnelle : vos droits au chômage en 2026, les conditions, les délais et les pièges.

Mis à jour le · 9 min de lecture · Par l’équipe Nouveau Cap (Pixapop)

Sommaire
  1. Démission classique : a-t-on droit au chômage ?
  2. Démission-reconversion : comment toucher l'ARE après une démission ?
  3. Rupture conventionnelle : quels droits pour une reconversion ?
  4. Quelle voie choisir ? Le comparatif
  5. Rester salarié pendant la formation : le projet de transition professionnelle
  6. Les questions à se poser avant de signer
  7. Les erreurs fréquentes
  8. Ce que Nouveau Cap vous aide à faire
  9. Questions fréquentes

Si vous démissionnez pour vous reconvertir, vous n'avez en principe pas droit au chômage, sauf si vous passez par le dispositif « démission-reconversion » : il exige cinq ans d'activité, un conseil en évolution professionnelle avant la démission et un projet validé par Transitions Pro. La rupture conventionnelle ouvre droit à l'allocation chômage (ARE), mais pour un contrat qui prend fin à partir du 1er septembre 2026, sa durée maximale est plus courte qu'après un licenciement. Rester salarié pendant la formation, avec un projet de transition professionnelle, est une troisième voie.

Démission classique : a-t-on droit au chômage ?

En principe, non. Une démission est un départ volontaire, et l'Assurance chômage n'indemnise pas un départ volontaire.

Il existe deux exceptions :

  • Les démissions dites « légitimes ». La réglementation en prévoit une liste limitative (17 cas selon France Travail, par exemple certains déménagements pour suivre un conjoint ou le non-paiement du salaire). La liste complète figure sur le site de France Travail.
  • Le réexamen après quatre mois. Si votre démission n'est pas légitime, vous pouvez demander, après 121 jours sans allocation, que votre situation soit réexaminée par l'instance paritaire régionale de France Travail. Vous devrez montrer vos efforts de recherche d'emploi pendant ces quatre mois. L'allocation n'est pas automatique.

Pour un projet de reconversion préparé, la bonne voie n'est ni l'une ni l'autre : c'est la démission-reconversion.

Démission-reconversion : comment toucher l'ARE après une démission ?

Ce dispositif permet à un salarié qui démissionne pour un projet professionnel de percevoir l'ARE. Le projet doit être une reconversion qui demande une formation, ou une création ou reprise d'entreprise. L'ordre des étapes est impératif : une démission donnée trop tôt ferme le dispositif.

Les conditions

  • Être salarié en CDI, à temps plein ou à temps partiel.
  • Justifier d'au moins 1 300 jours travaillés au cours des 60 derniers mois (5 ans), chez un ou plusieurs employeurs. Les congés sans solde, congés sabbatiques et périodes de disponibilité ne comptent pas.

Les étapes, dans l'ordre

  1. Demander un conseil en évolution professionnelle (CEP) avant de démissionner. C'est obligatoire. Pour les cadres, l'Apec assure ce conseil gratuitement. Le conseiller vous aide à construire le projet.
  2. Déposer une demande d'attestation du caractère « réel et sérieux » du projet auprès de Transitions Pro de votre région. Une commission paritaire examine le dossier et répond dans un délai de deux mois au plus après réception d'un dossier complet. En cas de refus, un recours est possible dans les deux mois, avec des éléments nouveaux.
  3. Démissionner seulement après l'attestation, puis vous inscrire à France Travail et demander l'ARE dans les 6 mois qui suivent la validation.
  4. Mettre en œuvre le projet. Dans les 6 mois après l'ouverture des droits, France Travail vérifie que vous avez engagé les démarches prévues. Sans motif valable, vous êtes radié pendant 4 mois et l'allocation est supprimée pendant la même durée.

Le montant et la durée de l'ARE suivent ensuite les règles générales.

Rupture conventionnelle : quels droits pour une reconversion ?

La rupture conventionnelle individuelle met fin à un CDI d'un commun accord. Ce n'est pas un droit : votre employeur peut refuser, et vous aussi.

La procédure et les délais

  • Un ou plusieurs entretiens pour fixer les conditions, dont la date de fin du contrat.
  • Après la signature, chaque partie dispose de 15 jours calendaires pour se rétracter.
  • La demande d'homologation est ensuite transmise à l'administration (DREETS), en ligne sur le service TéléRC. Elle a 15 jours ouvrables pour répondre ; sans réponse, la convention est homologuée.
  • Le contrat prend fin au plus tôt le lendemain de l'homologation.

L'indemnité

Vous percevez une indemnité spécifique qui ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement (ou à l'indemnité conventionnelle si elle est plus favorable). Tout le reste se négocie. Le simulateur du Code du travail numérique donne le minimum.

Depuis le 1er janvier 2026, la contribution patronale sur la part exonérée de cette indemnité est passée de 30 % à 40 % (loi de financement de la sécurité sociale pour 2026). Elle ne réduit pas ce que vous touchez, mais elle rend la rupture plus coûteuse pour l'employeur : attendez-vous à des négociations plus serrées.

L'ARE et les différés

La rupture conventionnelle ouvre droit à l'ARE si vous remplissez les conditions habituelles. Deux points changent le calcul de votre budget :

  • Une durée maximale réduite. Pour un contrat qui prend fin à partir du 1er septembre 2026, la durée maximale est de 456 jours (environ 15 mois) avant 55 ans et de 624 jours (environ 20,5 mois) à partir de 55 ans. Les 55 ans et plus peuvent demander une prolongation, examinée au cas par cas par France Travail. C'est la date de fin du contrat qui compte, pas celle de la signature. Le montant de l'allocation, lui, ne change pas.
  • Un démarrage différé. Un délai d'attente de 7 jours s'applique toujours. S'y ajoutent un différé lié à l'indemnité de congés payés (30 jours au plus) et un différé spécifique si votre indemnité dépasse le minimum légal : la part au-dessus du minimum est divisée par 111,8 (valeur 2026), dans la limite de 150 jours.

Quelle voie choisir ? Le comparatif

Démission classiqueDémission-reconversionRupture conventionnelle
Qui décideVous seulVous, après validation du projetVous et l'employeur
Droit à l'ARENon, sauf démission légitime ou réexamen après 121 joursOui, si projet validé et mis en œuvreOui, conditions habituelles
Durée maximale de l'ARESans objet en principeRègles générales (18 mois avant 55 ans)15 mois avant 55 ans, 20,5 mois à partir de 55 ans (fin de contrat depuis le 1er septembre 2026)
Indemnité de départNonNonOui, au moins l'indemnité légale
Démarches préalablesPréavisCEP, dossier Transitions Pro, attente de l'attestationEntretiens, rétractation, homologation
Contrôle ensuiteRecherche d'emploiMise en œuvre du projet vérifiée dans les 6 moisRecherche d'emploi

Rester salarié pendant la formation : le projet de transition professionnelle

Si votre reconversion passe par une formation certifiante, une autre voie existe : le projet de transition professionnelle (PTP), lui aussi instruit par Transitions Pro. Vous restez salarié, votre contrat est suspendu pendant la formation et votre rémunération est prise en charge selon les règles du dispositif. Vous ne quittez votre poste qu'une fois le nouveau métier en main. Tout est expliqué dans notre article sur le projet de transition professionnelle.

Les questions à se poser avant de signer

  • Combien de mois pouvez-vous tenir avec l'ARE, puis sans ? Faites le calcul avec la méthode de notre article combien de mois pouvez-vous tenir.
  • Votre projet demande-t-il une formation certifiante ? Si oui, le PTP ou la démission-reconversion sont-ils possibles ?
  • Avez-vous les 1 300 jours d'activité demandés pour la démission-reconversion ?
  • Quelle date de fin de contrat viser, et quel différé votre indemnité va-t-elle entraîner ?
  • Qui finance la formation ? Voyez comment financer sa reconversion.
  • Votre employeur est-il prêt à négocier, et sur quelle base ?

Les erreurs fréquentes

  • Démissionner avant l'attestation de Transitions Pro. C'est l'erreur qui prive le plus souvent de toute allocation. Le CEP et la validation viennent avant la lettre de démission.
  • Croire que la rupture conventionnelle est un droit. L'employeur peut refuser, et rien ne l'oblige à proposer plus que le minimum.
  • Compter sur 18 mois d'ARE après une rupture conventionnelle. Pour un contrat qui finit depuis le 1er septembre 2026, le maximum est plus court.
  • Oublier les différés. Une indemnité négociée au-dessus du minimum peut repousser le premier versement de plusieurs mois.
  • Laisser passer le délai de 6 mois après l'attestation pour s'inscrire à France Travail.
  • Ne pas engager le projet après l'ouverture des droits : le contrôle de France Travail peut entraîner une radiation.

Ce que Nouveau Cap vous aide à faire

Nouveau Cap est une application Android en préparation pour les cadres de 40 ans et plus qui changent de métier. Son écran Runway montre combien de mois vous pouvez tenir selon le scénario de départ, avec l'ARE que vous saisissez telle que France Travail l'indique. Le plan d'action de 90 jours découpe les démarches en étapes. L'application ne dépose aucun dossier à votre place et ne remplace ni l'Apec, ni France Travail, ni un avocat. Découvrir les fonctions.

Questions fréquentes

Peut-on toucher le chômage après une démission pour reconversion ?

Oui, avec le dispositif démission-reconversion : CDI, 1 300 jours travaillés sur 60 mois, CEP puis attestation de Transitions Pro avant la démission.

La rupture conventionnelle donne-t-elle toujours droit au chômage ?

Elle ouvre droit à l'ARE si vous remplissez les conditions habituelles, avec une durée maximale réduite pour un contrat qui prend fin depuis le 1er septembre 2026.

Combien de temps prend une rupture conventionnelle ?

Comptez au minimum les 15 jours calendaires de rétractation puis jusqu'à 15 jours ouvrables d'homologation, plus le temps des entretiens.

Qui peut m'aider pour le conseil en évolution professionnelle ?

Pour les cadres, l'Apec. Le service est gratuit.

Mon cas est particulier : à qui m'adresser ?

France Travail pour vos droits, Transitions Pro pour le dossier, et un avocat en droit du travail pour une négociation délicate.

Sources

Article d’information générale, rédigé avec l’aide d’outils d’IA et vérifié sur les sources officielles citées. Il ne remplace pas un conseil personnalisé : pour votre situation, adressez-vous à France Travail, à Transitions Pro ou à l’Apec.