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Financer sa reconversion en 2026 : CPF, PTP et autres aides

Financer sa reconversion en 2026 : CPF et reste à charge, PTP, démission-reconversion, période de reconversion, aides France Travail. Le panorama.

Mis à jour le · 10 min de lecture · Par l’équipe Nouveau Cap (Pixapop)

Sommaire
  1. Par où commencer ?
  2. Le CPF : combien avez-vous, et pour quoi faire ?
  3. Le projet de transition professionnelle : se former en gardant son salaire
  4. La démission-reconversion : toucher le chômage après une démission
  5. La période de reconversion, qui remplace Pro-A et Transitions collectives
  6. Le plan de développement des compétences de l'employeur
  7. Les aides de France Travail
  8. Et votre budget personnel pendant la transition ?
  9. Tableau récapitulatif
  10. Les pièges
  11. Ce que Nouveau Cap vous aide à faire
  12. Questions fréquentes

Pour financer sa reconversion en 2026, un salarié dispose de quatre grandes voies : son CPF, le projet de transition professionnelle (PTP) pour se former en gardant tout ou partie de son salaire, la démission-reconversion pour toucher le chômage après une démission, et la période de reconversion organisée avec l'employeur. France Travail prend le relais pour les demandeurs d'emploi. Le bon choix dépend de votre statut, de la durée de la formation et du nombre de mois que vous pouvez tenir.

Par où commencer ?

Commencez par un rendez-vous de conseil en évolution professionnelle (CEP). Il est gratuit et ouvert à tous les actifs. Pour les cadres, il est assuré par l'Apec. Le conseiller vous aide à clarifier le métier visé, puis à identifier les financements auxquels vous avez droit.

Pour la démission-reconversion, le CEP est obligatoire et doit être demandé avant de démissionner.

Posez ensuite trois questions :

  1. Voulez-vous rester salarié pendant la formation ?
  2. Combien dure la formation, et combien coûte-t-elle ?
  3. Combien de mois pouvez-vous tenir si votre revenu baisse ?

Le CPF : combien avez-vous, et pour quoi faire ?

Le compte personnel de formation (CPF) est crédité en euros chaque année.

  • Salarié à temps plein ou à plus d'un mi-temps : 500 € par an, dans la limite de 5 000 €.
  • Salarié peu qualifié ou bénéficiaire de l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés : 800 € par an, dans la limite de 8 000 €.
  • Temps partiel : droits calculés au prorata du temps de travail.

Votre solde se consulte sur moncompteformation.gouv.fr.

Le reste à charge obligatoire

Depuis mai 2024, chaque achat de formation avec le CPF entraîne une participation forfaitaire obligatoire. Elle était de 100 € au départ, puis de 103,20 € au 1er janvier 2026. Un décret du 30 mars 2026 l'a portée à 150 € pour les demandes d'inscription à partir du 2 avril 2026.

Vous en êtes dispensé notamment si vous êtes demandeur d'emploi, ou si votre employeur cofinance la formation.

Les plafonds de 2026

Depuis fin février 2026, la loi de finances limite certains usages du CPF :

  • formation préparant une certification du RNCP : pas de plafond ;
  • formation préparant une certification du Répertoire spécifique (RS) : 1 500 € de droits CPF au maximum (sauf CléA) ;
  • bilan de compétences : 1 600 € au maximum, et aucun bilan financé dans les 5 dernières années ;
  • permis B et autres permis légers : réservé aux demandeurs d'emploi et aux salariés cofinancés, 900 € au maximum.

Pour une reconversion vers un titre du RNCP, le CPF reste donc pleinement utilisable. Pour un bilan de compétences, voyez notre article bilan de compétences, prix et alternatives.

Les abondements

Si vos droits ne suffisent pas, d'autres financeurs peuvent compléter : votre employeur (dotation volontaire sur votre compte), France Travail si vous êtes demandeur d'emploi, votre Région ou un opérateur de compétences (Opco). Les conditions varient selon le financeur.

Le projet de transition professionnelle : se former en gardant son salaire

Le PTP finance une formation certifiante pour changer de métier, en suspendant votre contrat. Transitions Pro, l'association paritaire de votre région, prend en charge la formation et votre rémunération :

  • 100 % du salaire si votre salaire moyen de référence ne dépasse pas 2 Smic ;
  • 90 % au-delà, pour une formation d'un an ou de 1 200 heures au plus ;
  • 90 % puis 60 % au-delà de la première année ou des 1 200 premières heures, sans descendre sous 2 Smic.

Il faut 24 mois d'activité salariée dont 12 dans l'entreprise si vous êtes en CDI. Les budgets sont limités et les dossiers sont sélectionnés. Tout est détaillé dans notre guide du projet de transition professionnelle.

La démission-reconversion : toucher le chômage après une démission

Depuis le 1er novembre 2019, un salarié en CDI qui démissionne pour un projet professionnel peut percevoir l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE). Les conditions sont strictes :

  • avoir travaillé au moins 1 300 jours de façon continue au cours des 60 mois (5 ans) précédant la fin du contrat ;
  • avoir un projet de reconversion « réel et sérieux », qui demande une formation, ou un projet de création ou de reprise d'entreprise ;
  • avoir demandé un CEP avant la démission ;
  • faire reconnaître le caractère réel et sérieux du projet par la commission Transitions Pro de votre région.

Si le projet est validé, vous avez 6 mois à compter de la notification pour vous inscrire à France Travail et demander l'ARE. Dans les 6 mois suivant l'ouverture des droits, France Travail vérifie que vous avez engagé les démarches prévues. Sans motif légitime, vous risquez une radiation de 4 mois et la suppression de l'allocation pour la même durée.

N'envoyez pas votre démission avant la décision de la commission. Pour comparer avec la rupture conventionnelle, lisez démission, rupture conventionnelle et chômage.

La période de reconversion, qui remplace Pro-A et Transitions collectives

La loi du 24 octobre 2025 a fusionné la reconversion ou promotion par alternance (Pro-A) et les Transitions collectives en un dispositif unique : la période de reconversion. Elle s'applique depuis début 2026, après la publication de deux décrets le 31 janvier 2026.

Elle est ouverte à tous les salariés, sans condition d'âge ni de diplôme, et suppose un accord écrit entre l'employeur et le salarié. La formation vise une certification (RNCP, bloc de compétences, CQP, CléA…) et est financée par l'Opco de l'entreprise. Votre CPF peut être mobilisé en complément, avec votre accord.

  • Mobilité interne : votre contrat est maintenu, avec votre rémunération.
  • Mobilité externe : votre contrat est suspendu et vous signez un contrat avec l'entreprise d'accueil. La durée de la formation et les conditions précises sont fixées par l'accord : demandez le détail à votre service RH ou à votre Opco.

C'est une voie à discuter avec votre employeur, par exemple lors de votre entretien professionnel.

Le plan de développement des compétences de l'employeur

Le plan de développement des compétences rassemble les formations que l'employeur décide de financer pour ses salariés. Il sert d'abord les besoins de l'entreprise. Une reconversion interne peut y trouver sa place si elle répond à un besoin de l'employeur : un nouveau poste, une activité qui se développe. Préparez votre demande avec des arguments côté entreprise, pas seulement côté projet personnel.

Les aides de France Travail

Si vous êtes demandeur d'emploi, plusieurs aides existent :

  • l'aide individuelle à la formation (AIF) finance tout ou partie des frais pédagogiques d'une formation validée dans votre projet personnalisé d'accès à l'emploi, quand les autres financements ne suffisent pas. La demande se dépose au moins 15 jours avant le début de la formation ;
  • la préparation opérationnelle à l'emploi individuelle (POEI) finance une formation avant une embauche sur une offre précise, l'employeur s'engageant à recruter ensuite ;
  • l'ARE Formation (AREF) maintient votre allocation pendant une formation validée par France Travail ou financée en tout ou partie par votre CPF ;
  • la rémunération de fin de formation (RFF) peut prendre le relais si vos droits s'épuisent avant la fin de la formation.

Votre conseiller France Travail est l'interlocuteur pour vérifier votre éligibilité.

Et votre budget personnel pendant la transition ?

Le financement de la formation ne règle pas tout. Il reste à couvrir les mois de baisse de revenu, les frais non pris en charge et la période de recherche d'emploi après la formation. C'est votre runway : le nombre de mois que vous pouvez tenir avec votre épargne, vos allocations et un éventuel revenu d'appoint.

Exemple : Marc, 47 ans, cadre commercial (profil fictif), part en PTP pour une formation de 18 mois. Son salaire dépasse 2 Smic : il toucherait 90 % la première année, puis 60 % les six mois suivants, avec un plancher de 2 Smic. Avant de signer, il chiffre l'écart mois par mois avec ses dépenses fixes.

Notre article combien de mois pouvez-vous tenir ? détaille le calcul.

Tableau récapitulatif

DispositifPour quiCe qui est financéPar où commencer
CPFTout actifFormation certifiante, dans la limite des droits et plafonds ; reste à charge de 150 € sauf exceptionsmoncompteformation.gouv.fr
Projet de transition professionnelleSalarié du privé avec l'ancienneté requiseFormation, frais annexes, rémunération (100 %, 90 % ou 60 %)CEP (Apec pour les cadres), puis Transitions Pro
Démission-reconversionSalarié en CDI avec 5 ans d'activité continueAllocation chômage (ARE) après démissionCEP avant toute démission, puis Transitions Pro
Période de reconversionSalarié, avec l'accord de l'employeurFormation par l'Opco, rémunération maintenue en mobilité interneVotre employeur ou les RH
Plan de développement des compétencesSalarié, sur décision de l'employeurFormation utile à l'entrepriseEntretien professionnel, RH
AIF, POEI, AREFDemandeur d'emploi inscritFrais pédagogiques, formation avant embauche, maintien de l'allocationConseiller France Travail

Les pièges

  • Démissionner trop tôt. Sans CEP préalable et sans validation de Transitions Pro, pas de chômage après une démission.
  • Compter sur le CPF seul. 5 000 € de droits ne couvrent pas toujours une formation longue, et le reste à charge est de 150 €.
  • Oublier les plafonds 2026 sur les certifications du Répertoire spécifique et le bilan de compétences.
  • Négliger le budget du foyer. Une formation financée à 100 % ne paie pas les mois de recherche d'emploi qui suivent.
  • Se fier à un article ancien. Les règles ont beaucoup changé depuis 2024 : vérifiez sur les sites officiels.

Ce que Nouveau Cap vous aide à faire

Nouveau Cap est une application Android en préparation pour les cadres de 40 ans et plus qui changent de métier. Elle ne calcule pas vos droits à la place de France Travail et ne dépose aucun dossier. Elle vous aide à :

  • calculer votre runway à partir de votre épargne, de vos dépenses, des allocations que vous saisissez et d'un éventuel revenu d'appoint ;
  • obtenir un feu vert financier avant de vous lancer ;
  • suivre un plan d'action de 90 jours pour préparer votre projet.

Être prévenu du lancement.

Questions fréquentes

Peut-on utiliser son CPF pour une reconversion ?

Oui. Le CPF finance les formations certifiantes, sans plafond pour les certifications du RNCP. Vous payez une participation de 150 €, sauf si vous êtes demandeur d'emploi ou si votre employeur cofinance.

Peut-on cumuler CPF et PTP ?

Oui, c'est même automatique : vos droits CPF sont mobilisés en priorité dans le cadre d'un PTP, dans la limite du coût de la formation, et Transitions Pro finance le reste.

A-t-on droit au chômage si l'on démissionne pour se reconvertir ?

Oui, avec la démission-reconversion, à condition d'avoir 5 ans d'activité continue, un CEP demandé avant la démission et un projet validé par Transitions Pro.

Pro-A existe-t-il encore en 2026 ?

Non. Pro-A et Transitions collectives ont été remplacés par la période de reconversion, en vigueur depuis début 2026.

Sources

Article d’information générale, rédigé avec l’aide d’outils d’IA et vérifié sur les sources officielles citées. Il ne remplace pas un conseil personnalisé : pour votre situation, adressez-vous à France Travail, à Transitions Pro ou à l’Apec.